21.09. – 28.09.2013 Kiel – Emden

Croisière Moteur de Kiel à Emden (21.09 au 28.09.2013)

21.09.2013
Chaque paire d’équipiers ayant choisi différents moyens pour rejoindre Kiel, nous nous retrouvons tous sur le bateau samedi à midi pour faire route vers l’écluse permettant d’accéder au Nord Ost Kanal (NOK). Il s’agit de ne pas trop traîner car nous avons choisi de faire route par l’Eider et les prévisions météo nous indiquent une fenêtre propice en début de semaine pour nous diriger de l’embouchure du fleuve jusqu’à l’ile d’Helgoland.
Les écluses semblaient attendre notre arrivée et s’ouvrent au moment où le Rolling Swiss II se présente devant les portes. La première manœuvre et le passage du sésame s’effectue sans problème. Le trafic est faible pour le canal le plus fréquenté au monde. Mais nous sommes samedi et les porte-conteneurs sont certainement aussi parfois au repos. Nous naviguons tranquillement en direction de Rendsburg où nous nous arrêtons pour la nuit. Ce soir-là, il y avait suffisamment d’eau pour nous porter.

22.09.2013
Départ tôt le matin avec pour objectif la ville de Friedrichstadt. Cette fois-ci, nous croisons quelques porte-conteneurs impressionnants sur le NOK. Il vaut mieux se tenir bien à tribord et éviter les remous et aspirations lors des croisements. Il s’agit également de rester attentif lors de la traversée des bacs câblés. La bifurcation vers l’Eider se fait en fin de matinée en passant une petite écluse payante. Les 2 moteurs du Rolling nous poussent gentiment au travers d’une campagne bucolique. De nombreux pêcheurs taquinent le poisson sur leurs petites barques et nous sont reconnaissants de leur éviter nos remous chaque fois que nous ralentissons en les apercevant. Nous sommes chaque fois incroyablement surpris par l’audace des ingénieurs qui nous font passer sous des ponts basculants tournant ou juste suffisamment adaptés à la hauteur de notre bateau.

Arrivés presque à destination, nous constatons que l’écluse d’entrée à Friedrichstadt est fermée pour maintenance. Même après-coup nous ne trouvons nulle part une information à ce sujet. Les alternatives étant limitées, nous décidons de poursuivre notre route jusqu’aux prochains abris indiqués sur la carte. Parmi les rares possibilités offertes, nous nous amarrons à Tönning. Le port communal étant à sec à marée basse, nous nous plaçons au quai réservé aux embarcations ne pouvant pas poser, devant le bateau touristique Adler II. Là, le capitaine de ce dernier nous informe, tout en lavant son camping-car, que l’écluse de sortie en Mer du Nord était fermée le lendemain pour travaux.

23.09.2013
Effectivement, la marée basse du lundi matin n’est jamais remontée… Nous en profitons pour visiter la ville et les environs.

24.09.2013
L’eau étant enfin revenue nous planifions notre départ en milieu d’après-midi avec pour objectif la petite île d’Helgoland. Une fois passée l’écluse de sortie -gratuite- nous nous retrouvons en Mer du Nord suivant un balisage posé par les pêcheurs. Il ne faut jamais se fier ni aux cartes ni au GPS dans cette zone ! Nous approchons de nuit à Helgoland tout en exerçant notre pratique radar et le RIPAM. Le port est accessible à toute heure et nous savons qu’il y a suffisamment d’eau. Nous évitons soigneusement les bouées à peine visibles dans le port et amarrons sans problème.
La journée est digne de la Mer du Nord : magnifiquement fraîche et pluvieuse. Nous visitons l’île, ses boutiques, ses trous d’obus et ses falaises, en ciré. Ce jour-là, nous avons eu de l’eau au-dessus et au-dessous du Rolling.

25.09.2013
Départ à 04:00 pour rejoindre la côte, cap sur Borkum. La mer est bien formée et le Rolling roule en suivant de belles vagues arrière. Après le passage de deux rails et une pratique intensive du radar, l’arrivée près des côtes se fait en passant à proximité d’impressionnants champs d’éoliennes. L’estran n’est jamais loin et il s’agit à nouveau de suivre attentivement le balisage jusqu’au port de Borkum. L’endroit n’est pas vraiment un port de plaisance. Nous obtenons toutefois l’autorisation de nous amarrer pour le repas de midi. Il se compose d’un magnifique plat de pâtes préparé par les deux Italiens du bord qui doivent lutter pour ne pas suivre les conseils avisés du reste de l’équipage sur toutes les subtilités de la préparation de ce met transalpin.

Une fois les estomacs calés, nous appareillons pour Elfjzil (prononcer « Elfsell »), ville hollandaise située sur l’autre rive de l’Eems. Le soleil est revenu. En arrivant au port, la pompe est libre et nous profitons de faire le plein de fioul. A ce moment précis, nous avons la confirmation que nous sommes bien sur un bateau moteur et non sur un voilier. Plaisanterie mise à part, notre consommation a été tout à fait raisonnable. Après une navigation de 11 heures, nous prenons une douche bien méritée avant de nous rendre au restaurant conseillé par le garde-port. Le repas à base de poisson fraîchement pêché fut délicieux, démentant tous les préjugés que l’on peut avoir sur la cuisine hollandaise. De retour sur le Rolling, la hauteur d’eau étant suffisante, nous passons une nuit tranquille et calme.

26.09.2013
Nous quittons Elfjzil pour Emden. L’Eems est calme, le temps radieux et le Rolling glisse doucement vers sa destination finale. D’un côté les moutons paissent paisiblement sous les éoliennes, de l’autre, l’estran scintille sous le soleil. Sur le bateau, une partie de l’équipage fête dignement le passage des 100 milles en mer et 5 jours de navigation et se congratule chaleureusement.

Après le passage de l’écluse nous permettant d’accéder au port de commerce, nous attendons l’ouverture du dernier pont de chemin de fer. À 11:55, nous entrons dans le port d’Emden, et, une fois à quai, organisons les nettoyages. Tout à coup, en milieu d’après-midi, la sonnerie du téléphone du skipper retentit de manière habituelle mais étrange… C’est le secrétaire général du CCS. Après les salutations d’usage, la question posée par Marc Rösch fut formulée à peu près ainsi : „Euh…Jean-Paul, notre Commodore a reçu une information indiquant que le Rolling était échoué et que l’équipage avait dû être évacué… qu’en est-il exactement ?…“… Devant le sérieux du ton de son interlocuteur, Jean-Paul répondit immédiatement que l’équipage était sauf et le bateau à bon port.

Une fois le téléphone raccroché, l’équipage, qui avait tout de même tendu l’oreille, reprit ses tâches de manière assidue tout en pensant de concert qu’une croisière d’échouage pourrait être un prochain thème de navigation, mais pas avec ce bon Rolling.

27.09.2013
Arrivés au terme de notre voyage, nous devons malheureusement tirer le rideau sur cette belle croisière et remettons le Rolling Swiss II majestueusement posé sur l’eau à l’équipage de relève.

Mauro
05.10.2013


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