21.04. – 28.04.2012 Hamburg – Kiel

La croisière sur le ROLLING SWISS II, un fier yacht à moteur de 42 pieds, avait pourtant si bien commencé…

Skipper:    Pierre-Alain
Equipage: Catherine, Josiane, Marie-Claire, Jean-Jacques, Jean-Paul


La croisière avait si bien commencé, lorsqu’un équipier affolé surgit dans le carré :
Skipper !!!  Comment remettre en place le rouleau de papier WC des toilettes ???
Hé oui, ce sont les surprises qui attendent parfois les skippers. Mais d’autres expériences sont sûrement plus intéressantes…
Cette croisière du 21 au 28 avril s’est déroulée dans le secteur Hambourg – Kiel.

Le 1er jour, après l’avitaillement du bateau et le calcul des courants dans l’Elbe, nous avons décidé d’appareiller à 17h00 du City Hafen de Hambourg pour rejoindre Cuxaven situé à l’embouchure de l’Elbe. Certes, pour parcourir les 57 milles, il va falloir plus de 5 heures à 1400 t/min avec une vitesse surface de 8 nœuds et 10 sur le fond, ce qui nous fera arriver de nuit.
Les premières heures de navigation  sont mises à profit pour répéter les feux du balisage qui nous attendra la nuit tombée : Feux à occultation, flash, quick flash, groupe et durée, couleurs, tout allait surgir sous peu devant nos yeux et mieux vaut être préparé à décoder le sapin de noël qui allait nous mener à bon port en toute sécurité.

Dimanche, en route pour Helgoland, la belle petite ile allemande au large de l’embouchure de l’Elbe souvent chahutée par une mer du Nord parfois hostile. Nous avons le la chance, 3-4 Bft du NW, avec 1,50 mètres de vagues. Certes le bateau accuse la houle mais ses possibilités de réglage des flaps et des tours moteur rendent la navigation parfaitement acceptable et c’est 5 heures plus tard que nous accostons dans le petit port d’Helgoland, juste devant le Smiling Swiss III, le majestueux Hallberg-Rassy 43 de notre club.

Lundi, nous faisons route sur l’embouchure de l’Eider que nous atteignons par marée montante. Le skipper prépare l’équipage, en particulier le navigateur et le barreur du jour :
Attention, nous arrivons sur l’embouchure d’un fleuve. Les caprices des marées et des reflux du fleuve peuvent nous poser quelques problèmes. Ne vous fiez pas à la cartographie papier ou électronique ! Elle sera surement fausse ! Observez bien le balisage, les pêcheurs locaux se donnent beaucoup de peine pour le corriger chaque fois que nécessaire. Ne vous engagez pas dans l’embouchure d’un fleuve si la visibilité est inférieure à 2 milles et si les vagues sont importantes. Il en va de votre sécurité.
Dès la bouée d’eau saine de l’Eider en vue, les remarques du skipper s’avéraient justes. Le balisage commençait bien selon les cartes, mais rapidement, en le suivant, nous avions l’impression de naviguer sur l’estran. Parfois la frayeur venait de la carte papier, parfois de la carte électronique qui indiquait un bateau « sur le vert », mais le respect rigoureux des balises tribords et bâbords nous guidait sûrement à vitesse réduite dans ce paysage aussi hostile que beau, où les oiseaux de mer viennent se reposer, debout sur le sable recouvert de 1-2 cm d’eau…. à 5 mètres de part et d’autre de notre Trader 42 !
Une dizaine de milles plus tard, le barreur présentait l’étrave dans l’écluse qui assure la navigabilité sur l’Eider. C’est à 15h10 que nous franchissions la 2ème écluse, celle qui nous permet d’accéder au port privé du club de bateaux à moteur de Friedrichstadt qui nous accueille toujours avec beaucoup de plaisir.
La petite bourgade de Friedrichstadt mérite le détour. Nommée la ville hollandaise, elle a été construite par des Hollandais dans les années 1840. Aujourd’hui forte de 2500 âmes, elle nous berce dans une ambiance toute particulière que les habitants tiennent à conserver.

Mardi, une longue navigation sur l’Eider nous attend. Successivement, nous aurons le plaisir de demander l’ouverture du pont routier qui n’offre que 3,50 d’air, puis de passer l’écluse du Nord Feld. Après le pont routier de Pohlen également trop bas pour nous, nous nous arrêtons dans le petit port de plaisance pour prend le repas. Bien rassasiés, nous continuons notre déplacement pour passer encore deux écluses. Celle de Lexfähre et celle de Giselnau, qui nous fait quitter l’Eider pour rejoindre le NOK, Le Canal de Kiel (allemand : Nord-Ostsee-Kanal), qui est un canal de 98 kilomètres qui relie la mer du Nord (à Brunsbüttel) à la mer Baltique (à Kiel). Le canal permet un raccourci de 280 milles nautiques (519 km). Avec plus ou moins 120 bateaux par jour en moyenne, il est la voie d’eau non naturelle la plus fréquentée au monde.
Après une veille attentive sur le NOK, en particulier lors du passage des bacs qui permettent aux voitures et autres piétons de rejoindre les deux rives, nous arrivons à Rensburg. L’accès au port nous réserve encore un peu d’attention, avec le passage de deux alignements successifs, un avant et un arrière. Passé cette gorge étroite, nous découvrons une eau intérieure calme où plusieurs ports se succèdent.
Nous prenons nos quartiers sans complexe sur le ponton d’accueil des bateaux de plus de 15 mètres, avec l’accord bienveillant de la Hafenmeisterin, une grande amie du CCS.
Le soir, un petit verre dans un bar nous rappelait que ce jour était l’anniversaire de notre second.

Mercredi, jour consacré aux manœuvres. Durant 5h30, tous les équipiers se sont succédés à la barre. Au programme, tenir un bateau dans le courant ou le fardage, effectuer une rotation à 360° uniquement au moyen des moteurs,  à gauche puis à droite, déposer un équipier en pointe sur un ponton, se parquer entre deux piquets dans un port, etc. Ces exercices ont été très appréciés par l’équipage qui s’est montré très discipliné, calme et efficace lors de ces manœuvres.
Après un frugal repas composé de tarte aux pommes pour certains et de morue pour d’autre, nous appareillons pour rejoindre notre quartier de nuit : le lieudit Flemurder See, une poche sur le NOK où il est possible de passer la nuit au mouillage.

Jeudi, départ matinal pour rejoindre l’écluse de sortie du NOK à Holtenau qui donne accès à la Baltique. Nous sortons du Kieler Förde pour rejoindre le Kieler Bucht où le trafic des cargos est une aubaine pour faire du plotting avec le radar. Nous oublions le MARPA pour nous remettre au papier crayon bleu vert et rouge. Les routes des bateaux antagonistes sont bien identifiées, les vitesses maitrisées et les stratégies du RIPAM bien appliquées, ce qui nous permet d’atteindre sans encombre l’entrée de la Schlei, un bras de mer de 42 km qui s’enfonce dans les terres allemandes en direction de Scheswig. Nous nous arrêtons dans la sympathique ville de Kappeln où ses rues sans voitures nous incitent à flâner.

Vendredi matin, c’est le drame, le bateau venait tout juste de se réveiller, lorsque venant de nulle part, un équipier bondit dans le carré en brandissant une tige métallique !
« PAB, comment remettre en place le rouleau de papier WC des toilettes ??? »
Devant cette question vitale, PAB notre skipper a pris quelques minutes de réflexion et a suggéré à l’équipier de consulter la documentation du bateau, documentation qui tient en une dizaine de classeurs fédéraux soigneusement rangés dans une armoire consacrée à la documentation et aux guides nautiques.
Cette proposition bienvenue a donné au reste de l’équipage le répit nécessaire pour déguster un copieux petit-déjeuner.
La vie à bord allait pouvoir reprendre normalement avant l’appareillage, le second ayant trouvé la parade de l’axe métallique à DEUX ressorts de rappel. Le papier WC était à nouveau parfaitement opérationnel ! Ouf, nous avons eu chaud !
C’est à 12h00 que nous rejoignons notre port de passation à Kiel-Stickenhörn. Tous les participants ont apprécié le confort de ce magnifique bateau, ainsi qu’une belle région méconnue des romands, mais qui mérite le détour.

Auteur: Pierre-Alain